L’éducation par le jeu : entraîner ses élèves de CM1 aux mathématiques

L’importance du jeu dans le développement cognitif de l’enfant est vitale, y compris après la maternelle. Pourtant, il se fait rare durant les heures de classe, encore plus quand sonne l’heure de certaines disciplines redoutées, comme les mathématiques ! Pour capter l’attention de vos jeunes élèves et les aider à appréhender des concepts parfois abstraits comme les fractions, voici quelques jeux pédagogiques à proposer à vos élèves, des outils d’apprentissage ludiques et efficaces, aux pouvoirs souvent sous-estimés.

Apprendre les fractions en CM1 par le jeu, un exemple

Durant la première année du cycle 3, le programme de maths est caractérisé par sa densité. Les nombres entiers, les droites perpendiculaires, la résolution des problèmes avec additions… 5 heures d’enseignement hebdomadaires ne sont pas de trop pour que les élèves abordent les dernières années du primaire avec des acquis mathématiques solides. Pour les aider à intégrer ces concepts nouveaux et parfois difficiles à aborder, vous pouvez tenter des exercices de fractions pour CM1 sous forme de jeux, afin de rendre le programme un peu plus digeste.

Présentés sous forme de fiches à imprimer, chacun de ces jeux a un objectif d’apprentissage précis, il s’agit par exemple pour vos élèves de s’entraîner à nommer une fraction et de la représenter correctement. Les exercices proposés les mettent ensuite au défi d’encadrer les fractions avec exactitude, de désigner des fractions décimales ou encore d’identifier des égalités de fractions décimales.

Ces fiches sont ensuite associées à l’organisation de jeux sur cette même thématique, à l’image du saute fraction. Vous fournissez à vos élèves (2 à 4 joueurs par partie) un plateau de jeu (facile à imprimer), un dé ainsi que 8 pions de couleur chacun. L’un d’entre eux lance le dé et avance jusqu’à la case indiquée. Il lit la fraction mentionnée et essaie de la repérer parmi les schémas représentés au milieu du plateau : si les autres joueurs valident sa réponse, il pose un pion de sa couleur en guise de point. Le premier joueur à poser tous ses pions remporte la partie ! Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres possibilités offertes aux professeurs des écoles qui souhaitent diversifier leur approche des mathématiques.

Le jeu à l’école de nos jours

Les ludologues René Caillois et Gilles Brougère ont déterminé les caractères communs du phénomène que l’on peut qualifier de jeu, comme le hasard et le mystère. Mais le jeu implique nécessairement la prise de décision : chaque élève joueur est aussi acteur, c’est pourquoi le jeu présente l’atout pédagogique de mobiliser et de susciter l’intérêt d’une grande partie de la classe. Mais on note aussi l’évasion ressentie par les participants, une “parenthèse spatio-temporelle” plaisante qui les sort un instant du cadre rigide de la leçon, et pourtant : ils sont toujours dans l’apprentissage !

L’éducation par le jeu demeure un véritable objet de recherche pour des universitaires, à l’instar de Bourgonjon et Bugmann. Dans l’un de ses travaux, le premier avait conclu en 2013 (au côté d’autres chercheurs) que l’adoption et l’efficacité de l’apprentissage par le jeu est d’abord fonction de l’acceptation du jeu dans la classe par l’enseignant, c’est là où votre rôle est crucial.

Trois ans plus tard, Bugmann se questionne sur la façon dont l’école française se sert du jeu pour améliorer les apprentissages des élèves. Il souligne que le jeu demeure “absent du socle commun de connaissances et de compétences” et observe qu’il est “très légèrement présent dans les grilles de références du socle commun de connaissances et de compétence”. Un axe d’amélioration pour nos politiques futures d’éducation ?